• Bruno Challard, le goût de la liberté

    À l'occasion de la sortie de son dernier livre INITIATION AU MENTALISME, mais aussi pour mettre en avant l'utilité de sa plateforme AUTO-ÉDITION pour tous les auteurs qui souhaitent s'auto-éditer ou partager autour de l'auto-édition, Bruno Challard a accepté d'accorder une interview à Auteursindependants.com.

    La première partie était publiée ici : Bruno Challard, une plateforme pour les auto-édités.

     

    Le mentalisme consiste à créer l'illusion de facultés extra-ordinaires, dans les domaines suivants :
    - Télépathie (transmission de la pensée à distance) ;
    - Télékinésie (action de l’esprit sur des objets – la matière pour en modifier la structure, la déplacer) ;
    - Mnémotechnie (mémoire exceptionnelle) ;
    - Clairvoyance (prémonition ou divination).
    … et tout ceci dans le but de divertir un public !

    5 - Bruno, pour donner toute sa légitimité à ce courant indépendant de la littérature, nous évoquions dans la première partie de l'interview la mise en place d'un Label Qualité Auto-Édition. Plusieurs auteurs l'ont déjà expérimenté. Qui sont-ils et comment est attribué ce label ?

    Les auteurs qui ont obtenu le "Label Qualité" sont pour la majorité des auteurs ayant déjà une certaine expérience de la publication et de l'auto-édition en particulier. À ce titre, cela montre qu'ils ont déduit de leur expérience respective qu'il était nécessaire de ne pas rester dans son coin pour avancer et de proposer aux lecteurs un minimum de qualité. Certains auteurs étaient déjà conscients de la nécessité de cette qualité, et leurs ouvrages n'ont donc pas exigé de nombreuses corrections. Pour d'autres auteurs qui viennent d'arriver sur le marché de l'auto-édition, la nécessité de faire corriger leur ouvrage s'est faite ressentir suite aux discussions qu'ils ont pu avoir avec moi ou d'autres auteurs, ce qui montre que le travail "d'éducation" peut porter ses fruits. Et pour d'autres auteurs, la prise de conscience a malheureusement eu lieu après des expériences malheureuses "post publication", au travers des commentaires acerbes qu'ils ont reçus de leurs lecteurs.

    label-qualité-autoédition

    Obtenir le Label Qualité nécessite de soumettre son ouvrage à différents contrôles qui doivent se révéler obligatoirement positifs pour certains (orthographe, syntaxe, présentation…) et facultatifs pour d'autres – car plus subjectifs (avis sur le fond, le style, le prix…)

    Tout ce travail de contrôle est réalisé bénévolement par d'autres auteurs, qui peuvent d'ailleurs parfois avoir des compétences professionnelles de correcteurs. Je dois reconnaître le grand professionnalisme apporté à ces contrôles, qui atteignent un degré assez élevé de précisions et de qualité.

    Certaines personnes (qui n'étaient pas d'accord avec ce système de Label Qualité qui a été longuement débattu) se méfiaient de l'objectivité des contrôles du fait que contrôleurs et contrôlés faisaient partie du même groupe. Cependant les contrôleurs/contrôlés ont naturellement compris que seul un travail de qualité à ce niveau porterait ses fruits, et la moindre erreur est traquée sans concession à tous les différents niveaux de contrôle.

    Au niveau chiffres, ce label, qui a été lancé au mois de mars 2013, compte actuellement 18 personnes inscrites. 6 ouvrages ont d'ores et déjà obtenu le "Label Qualité".

    Il faut savoir, que le temps de contrôle peut varier de 15 jours à 1 mois selon les corrections à apporter et la disponibilité des contrôleurs.

    6 - Que peuvent apporter de plus les auteurs auto-édités aux lecteurs ?

    À cette question je répondrai rapidement 4 choses :

    • la variété ;
    • le prix ;
    • le choix (par le nombre) ;
    • et, si on sait chercher, la qualité pour un rapport qualité/prix imbattable.

     

    7 - Y a-t-il, parmi la liste des auteurs auto-édités constituant la communauté de la plateforme Auto-édition, des auteurs qui ont déjà rencontré un certain succès ?

    La notion de succès dépend de chaque auteur et de l'objectif qu'il s'est fixé (s'il s'en est fixé un). Celui qui a publié un ouvrage histoire "de voir" (comme moi au début lorsque j'ai mis sur le KDP d'Amazon) est tout heureux et agréablement surpris de voir que des lecteurs ont trouvé et acheté son ouvrage et il l'est encore plus si un commentaire élogieux l'accompagne.

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    Après on y prend goût, et on se prend à surveiller ses courbes de ventes qui, même si on n'attend pas après ça pour vivre, nous donnent quand même de bonnes indications pour savoir si le livre plaît ou pas. On peut penser que cet auteur, si les ventes se maintiennent, sera content et pensera, à son niveau, avoir obtenu du succès.

    D'autres auteur, par contre, sont inquiets dès que les ventes ne décollent pas dès qu'ils ont cliqué sur le bouton "Publier". Pour ceux-là, c'est sûr, si les ventes n'arrivent pas rapidement et en nombre, le succès ne sera pas au rendez-vous.

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    Pour ma part, j'ai vendu en 2013 sans faire aucune promo (trop occupé à développer des projets pour les auteurs auto-édités et mes autres nombreux projets), environ 800 exemplaires. Pour moi je considère que c'est un succès, vu que c'est quelque chose sur lequel je ne comptais absolument pas et qui n'est pas un objectif prioritaire parmi l'ensemble de mes projets (nos réussites ne sont pas toujours là où on pense).

    Pour ce qui concerne les auteurs du site, je ne leur ai jamais demandé leurs nombres de ventes, mais parmi quelques auteurs que je suis depuis la première heure, j'en ai remarqué certains qui "font le métier", et vu la régularité et la qualité du travail qu'ils fournissent tant au niveau littéraire qu'en terme de marketing, on voit bien, au vu des classements de leurs ouvrages (qui reflètent le nombre de ventes), que ça marche pour eux.

     

    8 - Bruno, tu es auteur toi-même. Peux-tu nous parler de tes publications ?

    À la base, je suis formateur dans différents domaines (informatique, dans de salon, prestidigitation…) et cette variété de domaines d'intervention et de publics (cela va des enfants au personnes du 3ème âge) m'a poussé a rechercher et développer différentes méthodes pédagogiques pour améliorer l'apprentissage. En résumé, cela se résume à avoir la capacité à se mettre à la place de l'élève – à son niveau - pour savoir quelles sont les difficultés qu'il peut rencontrer dans un domaine et y apporter des réponses.

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    Aussi, comme j'en ai parlé un peu plus haut, je ne publie que des livres d'informations sur mes différentes activités, sous forme de cours guidés tous construits sur le même principe. Lire un de mes guides c'est en fait comme si j'étais à côté de vous et vous indiquais ce qu'il faut faire au fur et à mesure. Et je remets régulièrement mes livres à jour en ajoutant des exemples, en reformulant…

    Par exemple dans mon dernier ouvrage Initiation au Mentalisme, j'ai passé plus de temps à revoir et modifier les explications de tous les effets proposés (en ajoutant des descriptions, des schémas, des photos…) que j'en ai mis à faire mes choix d'effets, mettre en forme le texte, créer la couverture, les textes de promo, publier… Et comme le côté formateur n'est jamais loin, j'ai publié régulièrement sur mon blog d'auteur comment, au fur et à mesure, je créais ce livre de manière à ce que cela puisse aider d'autres personnes.

    Par contre j'ai beaucoup d'admiration pour certains auteurs que je connais et qui font preuve d'une imagination incroyable qu'ils savent nous faire découvrir au travers de leurs textes.

     

    9 - Est-ce que tu penses soumettre ta dernière publication Initiation au Mentalisme au Label Qualité ?

    Oui. C'est vrai que j'ai lancé l'idée et n'ai pas moi-même encore postulé (le cordonnier est le moins bien chaussé dit-on). Mais effectivement, plus il y aura de labellisés, mieux ce sera !

     

    10 - Enfin, un petit exercice de style pour les lecteurs. Je sais que tu es pilote d'avion. Peux-tu nous parler de ce que tu as ressenti lorsque les roues de ton avion ont quitté le sol la première fois ?

    En fait des sentiments contradictoires comme bien souvent en avion.

    Un grand soulagement car c'était l'aboutissement de plusieurs années de travail, d'essais, de mise au point, de modification, d'améliorations et d'attente (depuis 2006) et en même temps d'inquiétude pour plusieurs raisons :

    • j'ai réalisé ce premier vol dans des conditions limites de visibilité (j'attendais depuis le matin que la brume se lève) et le plafond était assez bas mais je "sentais" que c'était le bon moment ;
    • je n'avais pas volé depuis au moins 2 ans et encore plus (4 ans) sur le même modèle que mon avion ;
    • je n'avais alors en tout et pour tout qu'une vingtaine d'heures de vol (instruction comprise) ;
    • et surtout, une fois qu'on a décollé, il faut revenir sur terre… et l'atterrissage est toujours le point délicat d'un vol complet !
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    Certains pilotes affirment : « Un bon vol c'est quand le pilote revient vivant » (on ne parle pas de l'avion). Et j'avoue que lors de ce premier vol, j'ai fait je ne sais combien de prises de terrain, c’est-à-dire qu'on s'aligne correctement sur la piste (enfin on essaye – heureusement la piste est entourée de champs) comme si on allait se poser, on descend et on passe au ras de la piste pour la "sentir" et voir comment ça se passe : bon ciblage du point d'aboutissement (début de la piste), évaluation de la longueur de la piste (à plus de 100 km/h une piste de 400 m est vite avalée et te paraît très courte vue du ciel). On évalue aussi l'effet du vent traversier sur l'avion, de la hauteur au dessus du sol... Enfin des tas de paramètres qu'il va falloir intérioriser et prendre en compte très rapidement et tellement rapidement que souvent je ne peux dire exactement ce qui se passe ou ce que je fais pendant un atterrissage tellement tout va très vite dans les dernières secondes juste avant le le moment où les roues touchent le sol.

    En tout cas, ce jour là, je me suis posé sans problème (les automatismes pris pendant l'instruction avaient joué), et j'étais presque étonné de me retrouver sur le plancher des vaches.

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    Depuis, j'ai effectué de nombreux autres vols, mais il y a toujours ce mélange satisfaction/inquiétude qui est là et qui en fait ne doit pas quitter tout bon pilote. Mon instructeur me disait toujours (et me le répète parfois encore) : « Fais chaque vol comme si c'était le premier ! » et aussi « C'est l'habitude qui tue ! »

    Le ciel n'est pas un milieu naturel pour l'homme et c'est un grand privilège d'y être accepté ! Car une fois en vol, on change de monde. Un endroit que tu connais depuis ton enfance, vu du ciel tu ne le reconnais plus !

    Il suffit de monter de quelques dizaines de mètres pour élargir son horizon et découvrir de nouveaux paysages, une nouvelle façon de les voir, de voir les choses.

    Car là-haut, on est seulement admis pour quelques instants, juste autorisé à passer.

    De temps en temps je regarde les ailes qui me portent, et imagine tous les effets physiques qui entrent en jeu pour maintenir mon avion en vol. Je pense aux milliers de pièces du moteur et de la cellule, aux bielles, vis, rivets, contacts électriques et électroniques… qui constituent cet assemblage qui me porte. À la somme de connaissances qu'il a fallu aux ingénieurs qui ont imaginé et conçu toutes ces pièces, aux techniciens qui les ont assemblées. À toute cette intelligence et cette énergie qui ont permis d'aboutir à ce que je sois là à cet instant. Et à ce moment précis, je me dis que je vis un instant privilégié et que j'ai beaucoup de chance !

     

    Plus d'infos ?
    Rendez-vous sur le blog d'auteur de Bruno Challard.

     


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  • Commentaires

    1
    Samedi 8 Février 2014 à 18:36
    Merci Charlie pour la publication de la 2ème partie de l'interview :)
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