• Tant qu’il y a de l’espoir

     

    Sur un blog, si vous voulez avoir beaucoup de visites, il faut être positif.
    Parler de la crise en cours et des perspectives bouchées, de la hausse du chômage et de la chute du pouvoir d’achat, tout ça, il vaut mieux éviter. Certains s’y sont déjà essayé, parfois en se prenant pour des gens d’influence (sans blogue, les blogueurs auraient de l’influence ?), parfois en se disant carrément spécialistes (avec un compteur de visites bien dopé, on a vite fait de se monter la tête), mais la vérité, c’est que le visiteur Lambda (celui qui ne laisse ni commentaire ni biscuit apéritif dans la soucoupe), il n’aime pas qu’on lui parle de choses qui le rendent (ou plutôt le laissent) morose.

    En tant que membre exclusif de ce blog, j’avais donc souhaité vous épargner mon humeur fétide de ces derniers mois, au risque de me voir dégringoler le bulletin de notes mensuel des statistiques comme une vulgaire boule de neige au sommet d’une jolie pente bien abrupte et sans filet. Mais, d’après moi, mieux vaut faire le mort et attendre de remonter la pente tout seul, plutôt que de faire semblant d’être vivant et d’entraîner tout le monde dans sa chute !
    Donc, après ces quelques longues semaines d’articles distillés au compte-goutte, me revoici parmi vous avec un petit clin d’œil à tous ceux et celles qui sont touchés de près ou de loin par la maladie d’Alzeimer.

    C’est la crise.
    Mon père a mis ma mère en quarantaine et a exigé à toucher sa retraite par anticipation. « Donnez-moi mes sous et fouttez-moi la paix, arghhh, ne m’énervez pas, j’ai un docteur qui m’a dit que ce n’est pas bon pour mon cœur ! » J’ai bien essayé de lui faire entendre raison, mais il paraît que l’âge l’aura fait avant moi : il est sourd comme un pot et ne veut rien entendre. Comme qui dirait, il n’y met pas du sien et chacun y va de son reste.
    Tant pis.
    C’est la crise.

     

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    Mon employeur a décrété qu’il n’y avait plus d’argent.
    — Ah ? On va être licenciés ?
    — Vous rigolez ? Vous avez vu le travail qu’il reste à faire ? Non, non, vous n’aurez pas de prime, c’est tout… Ce n’est pas bien grave : pas de prime, pas d’augmentation, pas de repas de Noël et pas d’étrennes, mais pour le boulot, tout va bien, Dieu soit loué, on en a toujours !
    J’ai bien un collègue plus malin que les autres qui a levé le doigt pour poser une question intelligente, mais le chef d’agence est intervenu pour dire que la réunion était terminée, un groopie lui a sonné le tocsin, tout le personnel a été éparpillé, des avis d’interdiction de se réunir ont été placardés partout sur les murs, et le collègue plus malin que les autres, on ne l’a jamais revu.
    Disparu.
    C’est la crise.

    Quand je suis rentré à la maison, ma femme m’a demandé si j’avais faim. « Je suis affamé ! » je lui ai répondu. Elle m’a répondu qu’elle en avait marre de me faire à bouffer, que je ne pensais qu’à me remplir la panse et qu’il serait grand temps que je songe à faire un régime. Le prix des fruits et légumes est exorbitant, je ne te parle pas du coût du fromage et de la viande, et il paraît même que ce n’est même pas fini : ce n’est qu’un début !
    — Je peux quand même manger des pâtes, non ? j’ai demandé.
    — Les pâtes viennent d’Italie et toute l’Italie est en crise, elle m’a répondu. Ce n’est pas le moment de vouloir manger des pâtes, ni autre chose, d’ailleurs ! Tu es gentil, tu arrêtes de me poser des questions, tu montes, tu files te coucher, il faut que tu sois en forme demain pour nous ramener ta paie et moi, j’ai un feuilleton à suivre, ça a déjà commencé, chuuuut !
    — C’est une crise conjugale, ou quoi ? j’ai laissé échapper.
    — CHUUUUUT ! On parlera demain, tu es gentil : avant l’heure, c’est pas l’heure ; après l’heure, c’est plus l’heure : là, c’est l’heure du feuilleton !
    Bon. J’ai attrapé le dernier cornichon rescapé du bocal, le quignon de pain sec du début de la semaine, une vieille banane toute noire avec des moucherons suspects qui lui tournaient autour et comme il n’y avait même pas une petite binouze bien fraîche pour faire passer le tout, j’en ai déduis que c’était vraiment la crise économique généralisée et qu’il valait mieux me coucher.
    Bonne nuit.

    Je me suis connecté successivement à tous mes blogs abandonnés depuis toutes ces semaines que je n’ai pas vu se dérouler et j’ai trouvé un immense encart publicitaire sur l’un d’eux.
    — Qu’est-ce que c’est que ce truc ? j’ai fait.
    Un immense encart un peu comme un panneau publicitaire « à vendre », sauf que ce n’est pas marqué « à vendre » et ça prend la moitié de la page et…
    — Ben ? Ils sont gonflés, chez overblog ! Je m’absente quelques semaines et ils squattent l’espace avec une grosse pub sans rien dire ?
    Je me suis connecté sur la page d’accueil avec mes identifiants courants, et là, ô Magie, plus rien, le magnifique encart a disparu.
    C’est vraiment la crise.
    Même pas la trace d’une ligne de code en ma faveur.
    — Je ne suis pas bénéficiaire ?
    Un petit coup d’œil sur les stats, et, oh ! Magnifique ! Le blogrank est tombé à 14 ?
    Evidemment. Avec un score pareil…
    Bon, qu’est-ce que je fais ? Je loue l’emplacement au plus offrant ?
    2009, l’année du Neuf ! Il est pas cher, mon roman, achetez mon roman pas cher, sil vous plé !

    Bonne année, braves gens ! Bonne année et assumez votre crise : c’est le moment !


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