• La relève n'est pas gagnée

     

     

    Maintenant que je suis malade pour de bon, j'ai retrouvé mon travail de routine, au sein de la petite maison verte de la haute architecture des Savoie.<o:p></o:p>

    Mon meilleur collègue monte en grade : il nous quitte. Ailleurs, peut-être pourra-t-il enfin exercer son métier dans de bonnes conditions et dans la bonne humeur ? Quelle chance !<o:p></o:p>

     <o:p></o:p>

    Mes patrons sont des tordus : ils veulent le remplacer par un petit jeune qui n'a même pas son bac. Une espèce d’exclu du système scolaire, un de ceux qui te rapportent une prime, et que tu peux payer à 40% du SMIC sans avoir de problème avec la police.<o:p></o:p>

    L'autre jour, on a eu la visite de la maman. Son fils la suivait, mais comme il ne sait pas parler tout seul, c'est la maman qui venait nous le vendre, le fils, un peu comme un gros bœuf bien en chair dont on nous vanterait toutes les pièces.<o:p></o:p>

    Toutes ?<o:p></o:p>

    Oui, toutes ... sauf une : son cerveau !<o:p></o:p>

    Il doit y avoir une personne au monde à avoir un cerveau en moins avec cette formidable envie en plus de venir travailler avec un architecte : c'était lui.

    Je te le décris brièvement.<o:p></o:p>

    Tu vois une tortue, comment c'est fait ?
    Bon, lui, c'est pareil. Pas d'épaules. Un gros corps large comme une carapace, avec un gros cou bien musclé et tout blanc (elle doit pas prendre souvent l'air, la tortue), avec une tête énorme et une toute petite bouche mince comme une balafre.<o:p></o:p>

    On demande comment il s'appelle.<o:p></o:p>

    La mère répond Joseph.
    On demande quel âge il a.<o:p></o:p>

    La mère dit seize ans.<o:p></o:p>

    On lui demande ce qu'il attend de nous ...<o:p></o:p>

     <o:p></o:p>

    Bref !<o:p></o:p>

     <o:p></o:p>

    La mère se charge de tout, et nous fait bien comprendre que tous les deux, le fils et la mère, constituent une espèce de pack tout en un, indissociable l'un de l'autre. Si tu veux te taper la mère, faut prendre le fils dans le lit avec, et si tu préfères le fils, il faut payer la mère et accepter qu'elle regarde.<o:p></o:p>

    Ah.<o:p></o:p>

     <o:p></o:p>

    Je regarde mon patron Jérémie, ne sachant pas trop quoi en penser, vu que la caméra cachée demeure désespérément invisible.<o:p></o:p>

    Je le sens très moyennement intéressé par le pack complet.<o:p></o:p>

    Evidemment, comme d’habitude lorsqu’il ne veut pas trop prendre ses responsabilités, il se retourne vers nous pour prendre une décision à sa place. Ma collègue Laurence ne veut pas trop se mouiller. Elle dit qu’elle ne sait pas quoi dire, et m’adresse un long regard plein d’espoir afin que je puisse répondre à sa place. C'est à mon tour. On ne peut pas dire que l'élevage de tortues m'intéresse au plus haut point, mais comment dire ça ? Je décide de reculer pour mieux sauter, et suggère qu'on voie le petit jeune deux jours in situ, afin de voir comment il réagit et comment il s'adapte à nous.<o:p></o:p>

    Evidemment, tout le monde trouve l'idée bonne, car, à ce moment précis de « l’entretien », tout le monde se dit qu'on pourra surtout voir le petit sans sa mère !<o:p></o:p>

     <o:p></o:p>

    Bref, le rendez-vous est pris, et le jour J arrive … avec la chose. L'escalier en tremble et menace de s’effondrer, et déjà, le petit marque des points : il les monte moins vite que Laurence, les escaliers.<o:p></o:p>

    Pas encore embauché, et déjà un champion, le petit !<o:p></o:p>

    Deux jours passent, durant lesquels on en tirera deux mots.<o:p></o:p>

    Pas un de plus.<o:p></o:p>

    Du moins, si l'on ne compte pas la syllabe « euh... » comme comptant pour un mot entier.<o:p></o:p>

          Tu sais ce que c'est qu'un polygone ? je lui demande.<o:p></o:p>

          Euh... oui.<o:p></o:p>

    Le « euh », je l'ai senti suspect :<o:p></o:p>

          C'est quoi, alors, un polygone ? ...<o:p></o:p>

     <o:p></o:p>

    Aïe ! Erreur système !<o:p></o:p>

    Le petit est à rebouter : « Euh... euh… Euh ? »<o:p></o:p>


    On ne l'a pas pris.<o:p></o:p>

    Mon ancien collègue reste irremplaçable.<o:p></o:p>

    Ce petit jeune était un mollusque. On aurait dû le dire à sa mère, mais même Jérémie n'a pas osé, parce qu'il s'est fait engueulé quand il lui a dit qu'on ne le prenait pas. Moi, j'aurais dit : « c'est un mollusque, votre truc, et vous savez quoi ? Ce serait bien qu'il
    sorte de sa coquille. »
    Mais ces créatures-là n'ont pas le sens du jeu de mot. Je me serais pris un vent. En tout cas, c'est con, parce que j'en serai jamais certain, mais je suis pourtant quasiment sûr d'une chose : il devait péter, au minimum, aussi bien que mon ancien collègue, ce type-là.<o:p></o:p>


    Dommage.<o:p></o:p>

    Cet hiver, on se serait chauffé gratos, à l’agence.<o:p></o:p>


    En attendant, je continue à bouffer de la clim.<o:p></o:p>

    J'envisage de pousser l'otite jusqu'au bout, pour voir si le formulaire ne dissimulait pas une espèce de « permis de santé » à points.<o:p></o:p>


    A suivre, sans doute.<o:p></o:p>


    Vive les sandales.<o:p></o:p>

    Amen.

     

     

     

     

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